Le musée de Choijin Lama

Le musée de Choijin Lama

Le musée de Choijin Lama

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Culture & patrimoineTemplesMuséesBouddhisme2 min de lecture

Cinq temples bâtis entre 1904 et 1908 au cœur d'Oulan-Bator, dédiés à l'oracle d'État frère du 8e Bogd Khan, conservant masques Tsam et œuvres de Zanabazar.

Le musée de Choijin Lama, également appelé musée de la Religion, occupe un ensemble de cinq temples bâtis entre 1904 et 1908 en plein centre d'Oulan-Bator. Dédié à Choijin Lama Luvsankhaidav, frère cadet du huitième Bogd Khan et oracle d'État, le complexe a échappé aux destructions des purges staliniennes pour devenir l'un des rares témoignages préservés de l'art sacré bouddhique mongol du début du XXe siècle.

Pourquoi visiter le musée de Choijin Lama ?

Le site cumule trois intérêts rarement réunis à Oulan-Bator. Il offre d'abord un aperçu intact de l'architecture religieuse mongole pré-1921, mêlant influences tibétaines, chinoises et locales. Il abrite ensuite une collection d'œuvres attribuées à Zanabazar, premier Bogd Gegeen et figure majeure de la sculpture bouddhique d'Asie centrale. Il conserve enfin l'un des plus complets jeux de masques de la danse Tsam du pays, brodés de coraux. La visite se fait à pied en sortant de la place Sükhbaatar, ce qui en fait une étape pratique au cœur de la capitale.

Histoire du complexe

Les temples ont été construits entre 1904 et 1908 pour Choijin Lama Luvsankhaidav, oracle d'État et frère cadet du huitième Bogd Khan (Jebtsundamba Khutuktu VIII), dernier souverain théocratique de Mongolie. Le complexe servait à la fois de résidence religieuse et de lieu de cérémonies oraculaires.

Le site cessa d'être utilisé comme lieu de culte en 1938, au moment où les purges menées par le régime communiste détruisirent la quasi-totalité des monastères mongols et coûtèrent la vie à des milliers de moines. Voué à la démolition, il fut sauvé puis reconverti en 1942 en musée censé exposer « les croyances féodales du passé ». Une campagne de restauration a été menée en 1960-1961. Depuis, le lieu reste un musée, sans activités religieuses régulières, ce qui a contribué à la préservation de son décor d'origine.

Que voir dans les cinq temples ?

Le temple principal de Maharaja

Situé à l'entrée, il accueille le visiteur avec quatre sculptures monumentales des rois gardiens des points cardinaux, deux de chaque côté, réalisées en papier mâché laqué selon une technique mongole traditionnelle. À l'intérieur trône une statue dorée du XVIIIe siècle de Sakyamuni, le Bouddha historique, encadré de ses deux disciples. À sa droite se dresse la statue de Choijin Lama Luvsankhaidav, à sa gauche celle de Baltung Choimba, enseignant du Bogd Khaan, dont les restes momifiés sont conservés à l'intérieur même de la sculpture.

On y admire également des peintures sur rouleau (thangkas) et un ensemble remarquable de masques Tsam. Derrière le hall principal, le gongkhang abrite le trône de l'oracle ainsi qu'une représentation tantrique en yab-yum, figurant l'union mystique de la sagesse et de la méthode — image rituelle propre au bouddhisme vajrayana, à ne pas confondre avec un motif érotique.

Le temple Zuu

Dédié à Sakyamuni, il rassemble des sculptures en papier mâché des Bouddhas du passé, du présent et du futur, accompagnés de leurs deux disciples. Les murs portent les représentations des 16 arhats, et les quatre protecteurs Makhranz sont figurés assis dans des cavités, à la manière d'ermites en méditation, de part et d'autre de la porte.

Le temple de Yadam

À l'écart, ceint d'un mur de briques, ce temple servait de lieu de prière personnel à Luvsankhaidav. Il conserve aujourd'hui des statues de bois et de bronze de différentes divinités, dont plusieurs sont liées à l'école de Zanabazar.

Le temple Amgalan

Le « temple de la paix » est dédié à Zanabazar, première réincarnation mongole du Bogd Javzandamba (XVIIe siècle). On y voit un autoportrait attribué au maître ainsi qu'un petit stupa qu'il aurait rapporté du Tibet. Les murs présentent plusieurs œuvres rattachées à son atelier : Ratnasambhava, Mintug, Maidari Mania, la Tara verte et la Tara blanche.

Le temple de Zankhan

Dernier édifice du complexe, il abrite derrière ses vitrines des statues en bronze de Yamantaka et d'autres divinités courroucées du panthéon vajrayana.

Informations pratiques

  • Durée de visite : comptez 1h à 1h30 pour parcourir l'ensemble des cinq temples sans se presser.
  • Tarif : entrée payante, modérée. Supplément habituel pour la prise de photos à l'intérieur.
  • Horaires : ouverture en journée, généralement avec une fermeture hebdomadaire en milieu de semaine ; vérifier sur place ou avant départ.
  • Bon à savoir : les explications en français sont rares, un guide local ou une visite accompagnée facilite la lecture des œuvres.

Comment s'y rendre

Le musée se trouve à environ 300 mètres au sud de la place Sükhbaatar, derrière les tours modernes du quartier d'affaires, ce qui crée un contraste saisissant entre les toits dorés du complexe et les façades de verre. À pied depuis la place, comptez moins de cinq minutes. En taxi, indiquez « Choijin Lamiin Süm Muzei ». Aucune ligne de bus dédiée n'est nécessaire, le centre étant compact.

À voir à proximité

Le musée s'intègre facilement à une journée de découverte d'Oulan-Bator. À une vingtaine de minutes à pied au nord-ouest, le monastère de Gandantegchinlen reste le principal centre bouddhiste actif du pays et complète bien la visite, en montrant la pratique vivante là où Choijin Lama montre la conservation muséale. Pour prolonger la thématique monastique, le monastère de Khambiin Khiid et le temple de Gunj offrent d'autres facettes de l'héritage religieux mongol.

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

Non. Le complexe a cessé toute activité religieuse en 1938 et fonctionne uniquement comme musée depuis 1942. Aucune cérémonie n'y est célébrée.

Une heure suffit pour un tour rapide ; comptez 1h30 si vous souhaitez observer en détail les masques Tsam, les thangkas et les œuvres de l'école de Zanabazar.

Oui, moyennant un supplément payé à la billetterie. Le flash est généralement interdit pour préserver les pigments.

Les deux sites datent de la même époque et touchent à la famille du dernier Bogd Khan, mais Choijin Lama est dédié à son frère oracle et conserve un ensemble de temples in situ, tandis que le palais d'hiver est une résidence avec collections personnelles.

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Le musée de Choijin Lama s'inscrit naturellement dans une étape urbaine avant de partir explorer les steppes, le désert de Gobi ou le lac Khövsgöl. Pour construire un itinéraire complet, consultez nos voyages en Mongolie sur mesure.

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