Altaï mongol

Altaï mongol

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À l'extrême ouest du pays, une chaîne glaciaire à 4 374 m peuplée de Kazakhs musulmans, où 250 familles chassent encore à l'aigle royal.

L'Altaï mongol forme l'extrémité occidentale du pays, à plus de 1 600 km d'Oulan-Bator. La chaîne court sur 900 km le long des frontières russe, chinoise et kazakhe, et culmine au mont Khüiten (4 374 m), point de jonction des trois pays. C'est la seule région de Mongolie à conserver des glaciers actifs : le Potanin, long de 14 km, et le Pétrov descendent jusqu'à 2 800 m d'altitude. Les vallées en U, les moraines, les lacs glaciaires comme le Khoton et le Khurgan donnent au paysage une géométrie tranchée, différente des steppes ondulées du centre du pays.

La province d'Ölgii, capitale régionale de 30 000 habitants, est peuplée à 90 % de Kazakhs sunnites, installés ici depuis le XIXe siècle après avoir fui les conflits du Xinjiang. On entend parler kazakh dans les rues plus que mongol, les enseignes sont bilingues, et le bazar central vend du baursak (beignets frits) et du beshbarmak (pâtes plates au mouton bouilli) plutôt que les buuz que l'on trouve ailleurs. Les mosquées d'Ölgii et de Tsengel sont petites, en bois ou en brique peinte, sans minaret. Ce visage musulman et turcophone surprend les voyageurs qui n'attendaient qu'une Mongolie bouddhiste.

La pratique de la chasse à l'aigle royal, le berkutchilik, structure encore la vie d'environ 250 familles, principalement dans les sums de Sagsai, Altantsögts et Tolbo. Un aiglon femelle est prélevé au nid à l'âge de quatre mois, entraîné pendant trois à quatre ans à chasser renards et marmottes en hiver, puis relâché dans la nature après une dizaine d'années de partenariat. Notre équipe travaille avec plusieurs de ces familles, qui accueillent des voyageurs en yourte (appelée kiiz üi en kazakh, décorée de tapis muraux brodés appelés tuskiiz) entre juin et septembre. Le festival de l'aigle d'or, premier week-end d'octobre près d'Ölgii, réunit 80 à 100 berkutchis pour des épreuves de rappel et de chasse simulée.

Le parc national de Tavan Bogd ("les cinq saints", du nom des cinq sommets qui couronnent le massif) couvre 6 360 km² et abrite, outre les glaciers, des centaines de pétroglyphes datant de 12 000 à 3 000 ans avant notre ère, classés UNESCO depuis 2011. Les sites de Tsagaan Salaa et Aral Tolgoi montrent des scènes de chasse au cerf et à l'aurochs, plus tardivement des cavaliers et des chars. La faune comprend l'argali (mouflon géant), le bouquetin de Sibérie, et plus rarement le léopard des neiges, dont une trentaine d'individus circulent dans le massif.

L'économie locale repose sur l'élevage extensif de yaks, chevaux, moutons et chèvres cachemire, complété par la chasse réglementée et, depuis vingt ans, le tourisme. Les éleveurs kazakhs et touvas (une minorité turcophone d'environ 1 500 personnes, concentrée à Tsengel) pratiquent une transhumance courte, entre vallées d'hiver protégées du vent et alpages d'été à 2 500-3 000 m. Le mode de vie en yourte, l'absence de routes goudronnées au-delà d'Ölgii, et la faible densité (1 habitant au km²) font de l'Altaï l'une des régions les plus isolées du pays.

À découvrir

Trek aux glaciers du Tavan Bogd. Quatre à sept jours de marche depuis la vallée du Tsagaan Gol jusqu'au camp de base du glacier Potanin, à 3 000 m. Nuits en tente, traversées de rivières glaciaires à gué, vue sur les cinq sommets enneigés depuis le col de Maliy Potanin.

Séjour chez une famille de berkutchis. Deux à trois nuits en yourte kazakhe à Sagsai ou Altantsögts, sortie à cheval avec le chasseur et son aigle posé sur l'avant-bras gauche. En octobre, l'oiseau est en pleine forme physique et chasse réellement le renard.

Lacs Khoton et Khurgan. Deux lacs glaciaires reliés par un détroit, à 2 080 m d'altitude, où vivent quelques familles touvas. Pêche à l'omble, bivouac sur les rives de mélèzes, accès en 4x4 depuis Ölgii en sept heures.

Festival de l'aigle d'or à Ölgii. Premier week-end d'octobre, sur l'hippodrome au sud de la ville. Concours de rappel à 200 m, kokpar (lutte à cheval autour d'une carcasse de chèvre), défilés en costume brodé. Températures de -5 à 5°C.

Pétroglyphes de Tsagaan Salaa. Plus de 10 000 gravures rupestres sur les dalles de schiste d'une vallée d'altitude, accessibles à pied depuis un campement de yourtes. Site UNESCO peu fréquenté, deux à trois groupes par jour en haute saison.

Quand y aller

La fenêtre praticable pour l'Altaï est courte : de mi-juin à mi-septembre pour les treks et la vie nomade, première semaine d'octobre pour le festival de l'aigle. En juillet et août, les températures diurnes oscillent entre 15 et 22°C dans les vallées et entre 5 et 15°C au-dessus de 3 000 m, avec des nuits proches de 0°C en haute altitude. Les orages d'après-midi sont fréquents en juillet, généralement brefs. Les cols à 3 000 m peuvent recevoir de la neige dès la mi-septembre, et les rivières glaciaires sont à leur plus haut niveau fin juillet, ce qui complique certains gués.

Nous déconseillons la période de novembre à mai : températures de -25 à -40°C en janvier, routes coupées par la neige, vols intérieurs vers Ölgii souvent annulés. La chasse à l'aigle se pratique en hiver mais reste réservée à des voyageurs aguerris, équipés et préparés à un confort très rudimentaire. Pour le festival d'octobre, prévoir doudoune et bonnet : les matinées descendent à -5°C, les après-midi remontent à 5-10°C.

Conseils pratiques

Comptez au minimum sept jours sur place pour rentabiliser le déplacement, idéalement dix à douze jours. L'accès se fait par vol intérieur depuis Oulan-Bator vers Ölgii (3 heures, deux à trois vols par semaine selon la saison sur Hunnu Air et Aero Mongolia). Depuis Ölgii, tous les trajets se font en 4x4 sur piste, à des vitesses de 30 à 50 km/h : trois heures pour atteindre l'entrée du parc Tavan Bogd, sept heures pour les lacs Khoton-Khurgan. Le confort est rustique : yourtes chez l'habitant sans électricité ni eau courante, tentes de bivouac pour les treks, deux ou trois guesthouses corrects à Ölgii pour les nuits de transit.

L'Altaï se combine mal avec le Gobi ou la vallée de l'Orkhon dans un même circuit court, en raison des distances et de la dépendance aux vols. Nous recommandons de l'associer soit au lac Khövsgöl (autre vol intérieur depuis Oulan-Bator, ambiance forestière complémentaire), soit à un séjour court dans la steppe centrale autour d'Oulan-Bator pour équilibrer le voyage. La région convient aux randonneurs, cavaliers, photographes et voyageurs intéressés par l'ethnographie turcophone. Elle est moins adaptée aux familles avec jeunes enfants en raison de l'altitude, des pistes longues et de l'absence de structures médicales hors Ölgii.

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