Le monastère de Tövkhön

Le monastère de Tövkhön

Le monastère de Tövkhön

·
SpiritualitéMontagnesForêtsSites UNESCOChevalHistoire2 min de lecture

Perché à 2 300 m sur la montagne sacrée Shireet Ulaan, le monastère de Tövkhön fut la retraite de Zanabazar et le berceau de l'alphabet Soyombo.

Le monastère de Tövkhön se dresse à environ 2 300 mètres d'altitude au sommet de la montagne sacrée Shireet Ulaan, dans la province de l'Övörkhangai (sum de Bat-Ölzii). Entouré de roches granitiques et de forêts de mélèzes, il domine la vallée de l'Orkhon. Ce petit ensemble bouddhique, fondé au XVIIe siècle par Zanabazar, est l'un des sites historiques les plus marquants du centre de la Mongolie et fait partie du paysage culturel de la vallée de l'Orkhon, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Pourquoi visiter Tövkhön

  • Un haut lieu spirituel mongol : retraite personnelle de Zanabazar, premier Bogd Gegeen, pendant plus de trente ans.
  • Un berceau culturel : c'est dans une cellule de pierre du site qu'aurait été composé l'alphabet Soyombo.
  • Un site classé UNESCO au sein du paysage culturel de la vallée de l'Orkhon.
  • Un cadre naturel remarquable : panorama sur la taïga, la steppe et la vallée de l'Orkhon depuis le sommet.
  • Une dimension de pèlerinage vivante : grottes rituelles, roches sacrées et marches symboliques toujours pratiquées par les visiteurs mongols.

Histoire du monastère

Fondation par Zanabazar

En 1648, Zanabazar, alors âgé de 14 ans, choisit la colline sacrée de Shireet Ulaan pour y faire édifier un monastère, jugeant l'endroit de bon augure. Le premier bâtiment, en bois, est construit en 1651 au retour d'un séjour d'études du jeune Bogd Gegeen au Tibet ; l'ensemble est terminé trois ans plus tard. Le site reçoit alors le nom de Bayasgalant Aglag Oron, « Pays de solitude heureuse ».

Sculpteur, peintre et musicien, Zanabazar utilise le monastère pendant plus de trente ans comme lieu de retraite personnelle. Une cellule de pierre lui est réservée : c'est là, selon la tradition, qu'il compose l'alphabet Soyombo ainsi que plusieurs de ses œuvres les plus célèbres.

Destructions et renaissances

En 1688, le monastère est détruit par les Oirats lors d'une des nombreuses campagnes contre les Mongols de l'Est. Restauré au XVIIIe siècle (vers 1773 selon les sources), il subit de nouveaux dommages graves pendant les purges staliniennes de la fin des années 1930, quand le régime communiste mongol cherche à éradiquer le bouddhisme. Le culte y reprend en 1992, après la chute du régime, et le site est intégré au paysage culturel de la vallée de l'Orkhon, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Que voir sur le site

Les temples et stupas

Subsistent de l'époque de Zanabazar deux temples et deux stupas ; les autres temples ont été élevés au XVIIIe siècle. L'ensemble, modeste en taille, se compose de petits bâtiments en bois imbriqués dans les rochers, accessibles par un sentier aménagé.

Ekhiin Agui, la Grotte de la Mère

Le site abrite Ekhiin Agui, « la Grotte de la Mère », formée de deux cavités. On accède à la grotte principale en rampant ; arrivé au fond, il faut se retourner pour s'asseoir dans la petite cavité. Cet enchaînement symbolise la gestation et la naissance, et le rituel est censé apporter fécondité et renouveau à celui qui l'accomplit.

Les roches de Zanabazar

Plusieurs rochers autour du monastère sont chargés de mémoire : empreintes attribuées au doigt ou au pied de Zanabazar, lieu où il se reposait, rocher où il attachait son cheval. Un amoncellement de pierres rappellerait la guerre entre Khalkhs et Uulds. La tradition raconte que l'Öndör Gegeen aurait quitté à cheval les champs de bataille en empruntant un passage souterrain appelé « la Porte des Grands Plaisirs », dont il aurait ensuite obstrué l'entrée avec une grosse pierre.

Informations pratiques

  • Durée de visite : comptez 2 à 3 heures sur place, marche d'approche comprise.
  • Marche finale : depuis le parking au pied de la montagne, l'ascension prend environ 30 à 45 minutes par un sentier raide en sous-bois.
  • Droit d'entrée : modique, à régler en tugriks à l'arrivée.
  • Code de conduite : tenue couvrante, silence dans les temples, pas de photo à l'intérieur sans autorisation, contournement des stupas dans le sens des aiguilles d'une montre.
  • Équipement : chaussures de marche, coupe-vent (sommet exposé), eau et en-cas, le site est isolé.

Quand visiter Tövkhön

La période la plus favorable s'étend de fin mai à mi-septembre, quand les pistes de la vallée de l'Orkhon sont praticables et la végétation au plus vert. Juillet et août offrent les meilleures conditions de marche mais correspondent aussi à la haute saison touristique mongole, avec des orages d'après-midi fréquents.

De fin octobre à avril, la neige et le verglas rendent l'ascension finale dangereuse, et la piste d'accès peut être impraticable en 4x4. Les températures hivernales descendent largement sous les -20 °C en altitude. Évitez aussi les jours suivant de fortes pluies, le sentier devenant glissant.

Comment se rendre au monastère

Tövkhön se trouve dans la vallée de l'Orkhon, à environ 60 km au sud-ouest de Kharkhorin (Karakorum). L'accès se fait obligatoirement en véhicule 4x4 : depuis Kharkhorin, comptez 2 à 3 heures de piste à travers la steppe et la forêt selon l'état du terrain. Le dernier tronçon est étroit et caillouteux.

Le véhicule s'arrête au pied de la montagne ; la fin de l'accès se fait à pied par un sentier balisé. Il n'existe pas de transport public direct : le site se visite généralement dans le cadre d'un circuit organisé au départ d'Oulan-Bator (350 km environ jusqu'à Kharkhorin) ou avec un chauffeur privé.

À voir dans les environs

  • Kharkhorin (Karakorum) et le monastère Erdene Zuu, ancienne capitale de l'empire mongol et plus ancien monastère bouddhique du pays.
  • Les chutes de l'Orkhon (Ulaan Tsutgalan), à une demi-journée de piste plus au sud.
  • Les sources chaudes de Tsenkher, étape de détente après la marche.
  • Les mémoriaux turcs de Khöshöö Tsaidam, témoins de l'empire turc des VIIe-VIIIe siècles, dans la même région.
  • Le monastère de Gandantegchinlen à Oulan-Bator, complément urbain pour comprendre le bouddhisme mongol contemporain.

Questions fréquentes

?

Questions fréquentes

Oui, il fait partie du paysage culturel de la vallée de l'Orkhon, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Le site lui-même est en activité depuis sa réouverture en 1992.

Oui. Le 4x4 s'arrête au pied de la montagne Shireet Ulaan ; il faut ensuite compter une trentaine à une quarantaine de minutes de marche en montée par un sentier forestier. Des chaussures de randonnée sont recommandées.

Zanabazar (1635-1723) fut le premier Bogd Gegeen, chef spirituel du bouddhisme mongol. Sculpteur, peintre, musicien et lettré, il créa l'alphabet Soyombo et façonna l'identité religieuse et artistique de la Mongolie au XVIIe siècle.

C'est techniquement possible mais déconseillé : la piste d'accès est souvent bloquée par la neige et le sentier final devient glissant. La saison réaliste va de fin mai à mi-septembre.

Environ 2 à 3 heures sur place en comptant la marche d'approche, le tour des temples, la grotte Ekhiin Agui et le panorama sommital. Comptez une journée entière depuis Kharkhorin avec les trajets en 4x4.

Inclure Tövkhön dans votre voyage en Mongolie

Le monastère de Tövkhön s'intègre naturellement dans un itinéraire combinant la vallée de l'Orkhon, l'ancienne capitale Karakorum et les paysages de l'Arkhangai. Pour préparer votre séjour sur mesure, consultez nos idées de voyages en Mongolie.

Intéressé(e) par cette visite ?

Nous pouvons l'inclure dans votre itinéraire personnalisé.