Le monastère de Gandantegchinlen

Le monastère de Gandantegchinlen

Le monastère de Gandantegchinlen

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SpiritualitéArtisanatHistoireTraditionsBouddhisme7 min de lecture

Cœur du bouddhisme mongol à Oulan-Bator, Gandantegchinlen abrite la statue de 26,5 m de Megjid-Janraiseg, dix datsans actifs et 900 moines.

Le monastère de Gandantegchinlen, dont le nom signifie « la Grande place de la joie complète », est le principal centre du bouddhisme tibétain en Mongolie. Situé sur la colline de Dalkha à Oulan-Bator, il abrite environ 900 moines, dix datsans actifs et la statue monumentale de Megjid-Janraiseg, haute de 26,5 mètres. Rescapé des purges staliniennes des années 1930, le site reste aujourd'hui le cœur vivant du bouddhisme mongol.

Pourquoi visiter Gandantegchinlen

  • La statue de Megjid-Janraiseg : 26,5 mètres, plus de 20 tonnes de cuivre recouvert d'or, l'une des plus hautes statues bouddhiques d'Asie intérieure.
  • Un monastère vivant : services quotidiens, chants tantriques, rituel Kalachakra annuel — vous assistez à une pratique réelle, pas à un musée.
  • Un patrimoine sauvé : Gandan est l'un des rares grands monastères mongols à avoir échappé à la destruction des années 1930.
  • Un ensemble architectural unique : dix datsans (collèges religieux), une bibliothèque de 50 000 ouvrages et une université bouddhiste toujours en activité.

Histoire du monastère

Le monastère est fondé en 1809 par le cinquième Javzandamba sous le nom de Shar sum (« le monastère jaune »). En 1838, il est déplacé sur la colline de Dalkha, son emplacement actuel, et devient le principal centre du bouddhisme tantrique en Mongolie. Plusieurs collèges y voient le jour au XIXᵉ siècle : philosophie, astrologie, médecine traditionnelle.

Dans les années 1930, sous la pression de Staline, le régime communiste mongol détruit plus de 900 monastères et fait massacrer plus de 10 000 moines. Gandan est l'un des seuls à échapper à la destruction totale. Il est néanmoins fermé en 1938 : cinq de ses temples sont rasés, les autres servent d'étables ou de logements pour les responsables soviétiques. Après une pétition de moines, le monastère rouvre en 1944, en effectif réduit et sous étroite supervision.

La chute du régime communiste en 1990 marque la fin des restrictions. Gandan engage alors un vaste programme de restauration du culte à travers la Mongolie. La statue géante de Megjid-Janraiseg, démantelée par les Soviétiques, est reconstruite et inaugurée par le Dalaï-Lama en octobre 1996, après cinq années de travaux.

Que voir dans l'enceinte

La statue de Megjid-Janraiseg

Megjid-Janraiseg, « le Seigneur qui regarde dans toutes les directions », est le bodhisattva de la compassion. La statue originelle, érigée en 1913 et haute de 32 mètres, avait été financée par des dons populaires pour faire recouvrer la vue au Bogdo Khan, huitième Javzandamba et Empereur de Mongolie. Elle symbolisait l'indépendance vis-à-vis du régime mandchou. Démantelée en 1937 par les troupes soviétiques, ses débris auraient — selon une tradition orale jamais formellement documentée — servi à fabriquer des balles lors du siège de Leningrad.

La statue actuelle, inaugurée en 1996, mesure 26,5 mètres et pèse plus de 20 tonnes. Elle est en cuivre des mines d'Erdenet, recouverte d'or offert par le Népal et le Japon, drapée d'un brocart brodé d'or et de plus de 100 kg de soie. Selon les sources du monastère, elle contient 2 286 pierres précieuses, 27 tonnes de plantes médicinales, 334 sutras et deux millions de mantras. Mille statuettes d'Amitabha (Ayush) l'entourent, encadrées par deux lions de pierre.

Les temples principaux

Le temple Vajradhara, construit en 1840-1841 en pierre et brique, conserve sur son autel principal la statue du Vajra Tara conçue par Zanabazar en 1683. Le temple Dzu abrite un Bouddha debout entouré de ses disciples (début XIXᵉ siècle, fabriqué à Dolon Nuur en Mongolie intérieure) et accueille un service quotidien.

Le bâtiment Dedanpovran, élevé au début du XXᵉ siècle sur deux étages, sert de bibliothèque au monastère. Il conserve plus de 50 000 livres, près d'un million de sutras en mongol, tibétain et sanskrit, ainsi que des instruments chirurgicaux du XVIᵉ siècle. Le 13ᵉ Dalaï-Lama y résida en 1904.

Vous pourrez également voir une statue de bronze de Zanabazar, première incarnation du Bouddha vivant, qu'il sculpta lui-même à la demande de sa mère ; le Tripitaka (Gangiur) en 108 volumes ; et une statue d'argent de Tsongkhapa de l'Amdo réalisée au XVIᵉ siècle dans l'ouest de la Mongolie.

Les datsans actifs

  • Datsan Dechingalav : conduit chaque printemps le rituel Kalachakra. Le Dalaï-Lama y a procédé à une initiation Kalachakra à l'été 1995.
  • Datsan Tashchoimphel : créé en 1756 par le 2ᵉ Bogd Jebzundamba, restauré en 1990, temple achevé en 1994.
  • Datsan Gungaachoiling : créé en 1809 par le 4ᵉ Bogd, il forma plus de 3 000 moines.
  • Datsan Jud : construit en 1739 par le 2ᵉ Bogd Jebzundamba, rouvert en 1998, dédié aux services tantriques et chants rituels.
  • L'Université bouddhiste de Mongolie, fondée en 1970, propose un cursus post-bac en 4 ans : philosophie bouddhiste, chant, langues sacrées, médecine traditionnelle et astrologie.

Quand venir

Gandan se visite toute l'année. Le moment le plus marquant reste le rituel Kalachakra du datsan Dechingalav, célébré chaque printemps (le 15 du dernier mois du printemps selon le calendrier lunaire), ainsi que les grandes fêtes bouddhiques comme Tsagaan Sar (Nouvel An mongol, février-mars). Pour assister aux services quotidiens et entendre les chants, présentez-vous en matinée. L'hiver à Oulan-Bator étant rigoureux (températures bien en dessous de -20 °C), prévoyez un équipement adapté si vous visitez entre décembre et février.

Informations pratiques

  • Tenue : tenue couvrante recommandée (épaules et genoux). Retirez votre couvre-chef en entrant dans les temples.
  • Circulation : faites le tour de la statue et des temples dans le sens des aiguilles d'une montre, conformément à l'usage bouddhique.
  • Photos : généralement autorisées dans l'enceinte, souvent payantes ou interdites à l'intérieur des temples. Demandez avant de photographier les moines.
  • Tarif : entrée libre dans l'enceinte, billet modéré pour accéder à la salle de la statue de Megjid-Janraiseg.
  • Durée : comptez 1h à 2h pour une visite complète, plus si vous assistez à un service.

Comment s'y rendre

Le monastère se trouve sur la colline de Dalkha, dans le nord-ouest du centre d'Oulan-Bator, à environ 1,5 km de la place Sükhbaatar. Vous pouvez vous y rendre à pied depuis le centre (20 à 30 minutes), en taxi (course courte et bon marché) ou par les bus urbains qui desservent le quartier de Gandan. L'aéroport international Chinggis Khaan se trouve à environ 50 km au sud, soit 45 min à 1 h de route.

À voir dans les environs

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Questions fréquentes

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Questions fréquentes

Oui. Environ 900 moines y résident et dix datsans (collèges religieux) y sont actifs. Des services et chants y sont célébrés quotidiennement, et l'Université bouddhiste de Mongolie, fondée en 1970, y forme toujours de nouveaux moines.
Le monastère a été fermé en 1938 et cinq de ses temples détruits, mais l'ensemble n'a pas été rasé comme les 900 autres monastères mongols. Il a rouvert dès 1944 après une pétition de moines, en effectif très réduit et sous supervision communiste, sans doute pour servir de vitrine religieuse au régime.
Megjid-Janraiseg est une forme du bodhisattva Avalokiteśvara, « le Seigneur qui regarde dans toutes les directions », incarnation de la compassion. La statue actuelle, inaugurée par le Dalaï-Lama en 1996, reconstitue celle de 1913 démantelée par les Soviétiques en 1937.
Oui, les services quotidiens sont ouverts aux visiteurs respectueux. Le rituel Kalachakra du datsan Dechingalav, célébré chaque printemps, est le moment fort de l'année liturgique.
Comptez 1h à 2h pour parcourir l'enceinte, voir la grande statue et les principaux temples. Prévoyez plus si vous souhaitez assister à un service ou explorer plusieurs datsans.

Intégrer Gandan à votre voyage

Visiter Gandantegchinlen est presque incontournable lors d'un séjour à Oulan-Bator : c'est la porte d'entrée la plus accessible vers la spiritualité mongole. Pour construire un itinéraire qui combine la capitale, les steppes et les grands monastères du pays, consultez nos voyages en Mongolie.

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